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Articles récents

Je laisse mon corps au décor

17 Octobre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a                                                                                         en chacun de nous

des océans perdus

 

De ceux                                                                                   que l'on traverse

Pour nourrir                                                                          son humanité

 

Puisqu'il faut s'avancer                                                    

vers                                     ce grand tremblement

 

Car                                      c'est là/maintenant               les eaux se déchirent

 

                                             et retiennent                            ma force endormie

 

 

 

Le 17 Octobre 2017

Photographie de Tamara Dean

 

 

                                         
                                                                             

                                                                                         

                                                 

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Les jours glissent sur l'eau

8 Octobre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et tu creuses
des lignes d'horizon
propices
à chaque secousse

Comme une madone à la langue pure / c'est une main que tu tends


Les jours glissent sur l'eau
et nous nageons           ensemble


Loin / il faut aller loin

 

 

 

Le 8 Octobre 2017

Photographie de Laura Stevens


 

            

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Lettre de Bram Van Velde à Samuel Beckett

2 Octobre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Instantanés

 

 

 

 

 

 

 

Je suis au parc, un soleil d'été fait oublier des jours déjà froids et un commencement de grippe,
mon côté faible. C'est possible que l'hiver sera dur à Paris, mais la vie reprend de plus en plus et
nous serons nombreux pour partager la misère.
Votre lettre, Sam, m'occupe comme tout ce que vous me dites sur mon travail parce que c'est
rare de trouver un homme qui sait ce qui l'intéresse et tirer une pensée claire d'une chose aussi insensée.
J'ai revu la peinture verte et rouge ; je vous demande de quel espace est né ce tableau - de ce coin de misère de Montrouge ou de n'importe quel coin de misère ? Je fais de fols essais de me rattraper mais je n'arrive pas, seulement je m'approche un peu. Même avec des souliers pleins de poussière et troués, le garçon vous sert poliment un bon café chaud sucré et ce petit feu pour allumer la cigarette est là. Paris est bon.
La solitude avec nous-mêmes et quelle étrange force qui ne nous (laisse pas) prendre la fuite toujours, la réalité ? vie moi aussi je ne le pense pas- mon travail c'est un saut, un salto vers la vie, vers l'énergie qui fait vivre.

 

 

 

Extraits de lettres dactylographiées par Marthe Arnaud à une époque indéterminée

Bram Van Velde
Lettres à Marthe Arnaud, Françoise Porte, Jacques Putman

Préface de Jean-Luc Nancy

Editions Verdier
2012


 

 

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Wadih Saadeh : Je vais calmement vers le miroir

2 Octobre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Les Autres-Miroirs et moi

 

 

 

 

 

 

 

C'est délicat que tu me regardes
Que tu me souris si je souris
Je t'en prie, ne tape pas à la porte
Je suis à la fenêtre en train de contempler le pont

 

L'acte noble, c'est moi qui l'ai accompli aujourd'hui :
J'ai regardé la mer
J'ai vu dans la rue des gens détraqués
Puis je suis rentré dans la taverne
J'ai bu une bière et je suis sorti la tête ivre
Imaginant que Dieu était à l'origine un oiseau
Qui gazouillait aux peuples de la terre.
Si les lieux dansent à l'extérieur
Pourquoi ne sors-tu pas danser avec eux ?
Tu n'aimes pas la musique ?
Des files de canards
Que je voudrais voir
Et je suis invité
Invité aujourd'hui
A marcher comme une poupée
Et des échancrures de ma robe sort une chair
Comme tu peux en voir de semblables chez le boucher,
Chair que j'agite en pensant qu'il manque peut-être au monde
Un os pour marcher
Puis calmement je vais vers le miroir
Et me coiffe.

 

Wadih Saadeh
Le Texte de l'absence
et autres poèmes
Actes Sud,
2010

 

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C'est trois fois rien

30 Septembre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                  J'ai froid

C'est comme si j'étais partie
sans refermer la porte

Depuis
les branches se sont éparpillées autour de ma maison

Laissant
mon visage                                                          à la nuit

 

 

 

Le 30 Septembre 2017

Photographie d' Isa Marcelli
 

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Cartographie émotionnelle

28 Septembre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai posé un caillou dans le creux de ta main
     J'ai voulu qu'il t'appartienne
même si le jour vole                     un peu de son éclat

 

Nous connaissons la latitude des baisers
accrochés à ce que nous sommes

 

Des lèvres ouvertes sur la pluie                 des fenêtres

 

 

 

 

Le 29 Septembre 2017

Photographie de Kiss Andrea

 

 

 


                              

 


 

 

 

 

 

 

 

 




 

 




 

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L'oeil coincé dans mon poème

22 Septembre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vois-tu ce que la chute fait de moi ?

Une fine peau qui brûle

A l'intérieur, le soleil se déplace
au bord de chaque émotion

Comme une marionnette suspendue à un fil


Dans l'attente, j'attends toujours

Le soubresaut à faire trembler
le dernier oiseau de proie.

 

 

 

Le 22 Septembre 2017

Photographie d' Andrea Kiss

 

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Double

18 Septembre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il n'y a pas de place pour l'immensité
            je vis
           Aveuglement
la douceur des choses

 

Autour d'elles
           me reste
           la conscience
des saisons emmurées

 

Où je fus une enfant livrée au combat

 

 

                                           

 

                                            

Le 18 Septembre 2017

Photographie de Laura Makabresku.



 

 

         

 

       

         

 


          
 

 

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Ariane Dreyfus : Quand la terre bouge

10 Septembre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Les Autres-Miroirs et moi

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai mal tiré la couverture,
Le chat s'endort dans un creux que j'ai fait

Si je dors mal la nuit fait des plis, y retombent
des visages, trop de visages

Le presque sommeil les soulève, ils retombent,
Les déplace, des brindilles restent et tremblent

Je suis si près d'un amas de tremblantes brindilles

Le visage enfoui, ce n'est plus moi qui vois
Si en dormant je frémis j'aimerais semer ce frémissement

Mains ouvertes, semblant inertes, quand tout n'est-il pas
Prêt à devenir une seule peau que je touche sans la voir ?

Je ne m'inquiète pas, ma main va vers lui
Il est là, le ventre de l'animal, il me va


Même si mon bras se referme sur un tout petit corps

 

 

Page 44

 

Extrait du recueil de poésie "Le dernier livre des enfants"
Collection Poésie/Flammarion
2016

 

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Nathalie Riera : Puisque beauté il y a

7 Septembre 2017 , Rédigé par Sophie Lagal Publié dans #Les Autres-Miroirs et moi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                      Carnet de campagne I

Elegeia et autres chants de soleil

 

Des ornières et de l'eau

Femme à lèvres fleur, j'écris ce qui est dans le désir d'être écrit, la parole des arbres habités,
l'oiseau pour me rappeler ce qui est futile, l'enfance et son rire gracile que j'oublie.
Elancés sont les mots qui nous abreuvent.
Mais que reste t-il de leurs tissus de sable ?

                                                                                      à mes pieds la source

des matins où l'on se sent plus libre que la veille, de ne rien ignorer des antres
et des sécheresses
                                                                                      plénitude de l'instant

 

le rêve n'est pas toujours fruit de grâce. Il y a des creux en quête de consonance. Même les
euphonies perdent la rime à vouloir tout concilier.

 

Page 15

 

 

Nous sommes l'amour

 

 

J'ai mis à mes jambes des vieux bas tricotés de tiges et d'épines, et à mes pieds des chaussures
à talons de pierre pointue.
Je suis l'amour qui ne vous aime pas.
Pas de serpent à nourrir dans mon sein.

 

Page 22

 

 

...nous disent les arbres

 

ce que la terre
contient de passé
et ce peu de futur

 

dans l'embrasure
du sinistre

 

il n'y a plus
de musique
à nos fenêtres

 

des moustiques
dans l'embrasement des trilles

 

les grincements des invectives
des plissements de peau
de pierre
de mon gosier d'oiseau
j'écris

 

Page 30-31

 

 

Notre aventure, de ne vivre pas autre chose que nous maintenir, accepter, puis traverser, et faire en sorte à ne pas perdre pied, se tenir entre les sombres parfums et les ombres mobiles qui nous respirent.

 

recouvrer le secret de ce qui nous repose

             (la vie peut-elle prétendre à plus de limpidité ?)

 

que ces moments qui nous aident, à un peu moins de faiblesse, à un peu d'air comme de l'amour

              (ce calme est-il seulement possible à trouver ?)

 

Page 37

 

 

                      Carnet de campagne II

  La rosée sur les ronces l'enfance

 

 

                                   I

 

Dans la voix du poète, comme une peur de mourir de sécheresse. Et puis ce regard qui cherche à déserter ce qui l'envahit.

                               La page encore trop habitée.


Et lorsque la rage est d'être seulement une tendance qui fait fureur, ayant perdu son art de faire remuer et nous salir les lèvres.

 

Et lorsque les gestes d'offrir et d'accueillir sont totalement bannis.

 

Davantage que lire un poème, lire un poète nous ouvre la plus libre des routes, malgré les enclos.
Et ce que nous avons à craindre de cette ouverture véhémente : son souci de pacifier ou de rendre solidaire ce qui en nous demeure en proie à l'indéterminé, l'équivoque, l'honteux, l'entortillé ; ce qui en nous est douceur et démesure, félicité et futilité, ratures et rictus.

 

Ce que j'aime entendre d'un poème : des notes d'air et de basalte ; des désirs de disculpations, des virevoltes de danseurs ; des déserts de cailloux ; notes noires et blanches de nos joies.

 

Page 41-42

 

 

                                      II

 

Des chuchotis d'insectes le papier que tu froisses, le craquèlement de tes lèvres : ce que tu cherches à écrire, alors que tu ne sais encore rien du froid, et de ses crimes.

          Un bruit d'abeille la mer et l'aube, écrire pour tout
    ce qui est terre, et fragile. Ainsi nos feuilles rugissantes
    dans les poussières sonores des cités, ou dans les arbres
    qui nous enseignent les branches et leurs coups d'archets.

 

         Et mes souvenirs blancs comme du jasmin.

 

Page 46

 

 

...blancs comme quitter le nid pour se désaltérer.
Je me souviens, à mon retour, un nid calciné par
le soleil.

 

            Ainsi serait le commencement d'être.
Et toujours le même retour vers ces mêmes
choses, autant qu'il m'en souvienne.

 

Emmitoufler ma désolation ou m'en défaire,
me dénouer, quand il peut faire beau dans
l'immensité du désert.

 

Page 48

 

 

Ces flammes des fleurs

 

d'eau et de cendre ce qui fut, dis-moi seulement les mots comme ce qui est loin n'est pas plus
indéchiffrable que ce qui est près, est là, de passage comme le poème

 

quand ses fleurs se nouent à mon feu

 

Page 55

 

 

Nathalie Riera
Puisque beauté il y a
Editions Lanskine
2010

 

 

 

 

          

 

 

 


 

                                                                                                                                                                             
 

 

 

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