Top articles
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Vénus Khoury-Ghata, poétesse.
"Liliac time", photographie de Katia Chausheva. 1. Elle s'invente un jardin Y met un arbre avec son ombre d'origine ses oiseaux polyglottes ses feuilles en papier d' Arménie des fruits mâles des fruits femelles qui se battent comme des chiffonniers se...
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Fabienne Verdier, passagère du silence
Fabienne Verdier Au gré du souffle du pinceau, je m'attache aujourd'hui à explorer le génie propre à chaque être : bruissement des branches de bambous, pudeur discrète d'un brin d'herbe, ferveur des jeunes pousses de jonquilles tournées vers la lumière,...
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Alejandra Pizarnik, Poétesse
Derniers mots écrits à la craie par Alejandra Pizarnik sur l'ardoise de sa chambre, 1972. "Nous vivons ici-bas une main serrée sur la gorge. Que rien ne soit possible était chose connue comme ceux qui inventaient des pluies et tissaient des mots avec...
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Martine Cros : Poétesse
1. Ligne De Veille Je fus un torrent. je n'apprenais qu'à dévaler. eau_ goutte_ source et soudain paisible _ un chant me regarde dans une eau verte de rivière dont le visage n'ondule d'aucun vol d'oiseau au loin cascade luit _ _ et eux nos Pégases et...
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Aksinia Mihaylova, poétesse
1 Sur le chemin de retour Non, je n'ai jamais vu un arbre triste mais je ne veux plus refléter le monde comme un miroir ébréché, découper les solitudes des après-midi de dimanche en suivant la lumière qui saute de jardin en jardin, raccommoder les bouts...
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Je ne connais pas Dieu
"L'homme blessé", Gustave Courbet, 1844. Je suis effrayé Par les feuilles mortes Et j'ai peur des prés Baignés de rosée. Je vais m'endormir. Si tu ne m'éveilles, Tu trouveras à tes côtés mon coeur glacé. Je parcours La colonne Vertébrale L'ossature muette...
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Sculpture, Musée Rodin
La sculpture ressemble à l'amour, quand une oeuvre ou un être vous transperce, c'est fulgurant. On emmène quelques images, quelques fragments que l'on met à l'abri de peur que le temps ne les abîme comme un petit enterrement mais le désir de les garder...
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Karin Boye : poème
L'ARBRE Quand ma porte est fermée, que ma lampe est éteinte et que je reste enveloppée dans l'haleine du crépuscule, je sens bouger tout autour de moi des branches, les branches d'un arbre. Dans ma chambre que nulle autre n'habite, l'arbre étend une ombre...
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Marie Laurencin : poèmes
Détail, "Mon portrait", 1924 de Marie Laurencin. Portrait Tu n'as jamais été séduit par ce qui s'appelle une belle journée Mais quelquefois tu humais l'air et t'acheminais Sans parler et foulant la terre de tes pieds longs et minces --- Nous avions des...
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Prélude à la présence érotique
Peinture de Jacques-Louis David, "Académie dite Patrocle", 1780. Il y'a sous tes cheveux Des mouvements de feu Qui me font trébucher De ta nuque à ta bouche Erotisme De nos démesures Où la peau du désir craque La mise à nu Tu l'évoques Comme une solitude,...
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Camille
"La Danaïde", Auguste Rodin, 1889. Tu m'aimes, mon bel amant Ma fragile écorce qui t'implore Mon coeur orageux qui te dévore Ma joie de t'aimer encore. A la soie blanche Je me suis endormie A tes caresses savantes Je me suis abandonnée Voluptueuse Promesse...
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Federico Garcia Lorca, poète.
NOCTURNE Je suis effrayé Par les feuilles mortes Et j'ai peur des prés Baignés de rosée. Je vais m'endormir. Si tu ne m'éveilles, Tu trouveras à tes côtés mon coeur glacé. Qu'est-ce qui résonne Au loin? L'amour. Le vent sur les vitres, Mon amour! J'ai...
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Nuit
Photographie personnelle. La mort vient me visiter chaque nuit Elle me dévêt de ma robe Douleur nue, je suis Mon visage n'est plus en cage Ma louve féroce s'éclipse Tais-toi, là, dans la douceur Mue Je ressemble à l'oiseau migrateur En lutte de tous ces...
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Mélancolie, Christian Bobin
"La madeleine à la veilleuse", Georges De La Tour, 1640-1645 La mélancolie se lève chaque matin une minute avant moi. Elle est comme quelqu'un qui me fait de l'ombre, debout entre le jour et moi. Je dois pour m'éveiller la repousser sans ménagement. La...
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La boue : Georgia Russell
Georgia Russell, artiste écossaise vit et travaille en France et à l'étranger. Chère Camille, Merci pour la nudité au matin, L'innocence époussetée avec le temps, La vague terrifiante et la beauté de la jeunesse. Merci pour les sculptures à quatre mains,...
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L'une et l'autre : Gwenaëlle Aubry et Sylvia Plath
Sylvia Plath, poétesse. 1. Voici ce que, peut-être, elle sait : qu'écrire, c'est refuser la langue de l'Empire, s'inventer, avec une autre langue, une autre souveraineté; qu'écrire, c'est "devenir bizarre -bizarre et isolée, mais cependant capable, tout...
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Fracture : ce peu
Photographie de Katia Chausheva. 1. Il y'avait ce presque rien qui m'avait donné un peu d'espoir Le vent jouait à l'équilibriste Les branches se tordaient les unes après les autres Je ne les touchais pas. 2. Dans la transparence m'est apparue une fracture...
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Piet Lincken Edith Södergran : A itinéraire suédois, (petite) rivière
Trois fois je regardeJe sens qu"il est là il s'est planqué au bar j'ai remonté ma casquette sur mes yeux le tempss'est mis à passer lentement la tasse écumantesur la table de bois dessus la table cette sorte denuage blanc.Dehors sous quelques pas de neige...
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Françoise Ascal : Pierre noire, sanguine et pastel
Federico Barocci ( vers 1530-1612), Tête de femme, Etude pour une déploration, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie, Besançon. Je t'ai tutoyée, tout de suite. Depuis notre brève rencontre, il y a trois semaines au musée des Beaux-Arts de Besançon, je...
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Vincent Van Gogh, lettre à sa mère (12 Juin 1890)
Photographie de Katia Chausheva, Reminiscence of the North (tribute to my passion to Vincent Van Gogh). Chère mère, J'ai été frappé, dans votre lettre, par le passage où vous dites que, pendant votre séjour à Nuenen, vous avez tout revu " avec un sentiment...
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Francesca Woodman
Francesca Woodman, White socks, Providence, Rhode Island, 1976. " le corps féminin. Chanté à travers les âges, représenté, décrit, encensé, objet de tous les soupirs, idéalisé. Mais également l'objet de tabous, réglementé, disséqué, analysé, confiné,...
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Chants juifs, Sonia Wieder-Atherton.
Sonia Wieder-Atherton. Prière Un funambule monte sur son fil. Il est encore porteur du brouhaha de la vie quotidienne. Il s'en détache petit à petit et avance. Il penche sur sa gauche, il rectifie, puis il se penche sur sa droite, rectifie encore. Il...
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Claude Monet : Giverny
"Nymphéas" de Claude Monet,1916-1919. A Claude Monet, Assise sur ce petit banc, devant votre maison, je m'y sentais bien. J'étais dans une bulle, la vôtre. Je pouvais vous voir là-haut, à la fenêtre de votre chambre, dominant les roses trémières et les...
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Anna Akhmatova, poète.
Anna Akhmatova. Au soir, je suis devant ma table La page est blanche irrémédiablement Le mimosa a une odeur de Nice et de chaleur, Un grand oiseau vole dans un rayon de lune. Je refais en les serrant fort mes nattes, Comme si demain j'avais besoin de...
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Dévoilée
Peinture d'Hanna Sidorowicz C'est quand je suis dépouillée de tout que tu t'inscris en moi Je n'ai plus rien dans mes pocheshormis ces petits caillouxramassés à la va-viteprès de ta bouche Je peux encore te parlermais pas de ton Dieu. Il n'y a pas de...
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