Top articles
-
Deborah Heissler : poème
rien sinon si loin déjà que la nuit, l'oubli que le jasmin et le miel le parfum de la figue loin dérobé et que l'aube rien sinon si loin que le bois d'ébène de quelques fruits au coeur encore nocturne ouvert sur ta nuque sèche Poème extrait du recueil...
-
Sylvia Plath : poème
MIROIR Je suis d'argent et exact. Je n'ai pas de préjugés. Tout ce que je vois je l'avale immédiatement, Tel quel, jamais voilé par l'amour ou l'aversion. Je ne suis pas cruel, sincère seulement --- L'oeil d'un petit dieu, à quatre coins. Le plus souvent...
-
Duo : Fragiles sont mes miracles par Sophie Brassart et Sophie Lagal.
Personne ne se regarde, seuls les ventres ne respirent plus les yeux perdus sur leurs chaussures urbaines. Ce que j'aime, c'est regarder les gens des détails insignifiants deviennent des existences miraculeuses. Un grain de beauté sur une épaule un grand...
-
Aksinia Mihaylova : Amours migrateurs
Le baiser du temps : Aksinia Mihaylova Les jours sont comptés, pas les caresses. Pentti Holappa Cette année-là juillet est venu du côté des champs de seigle donnant sur l'ouest, a enjambé les orties de mon impatience et la montagne s'est tue, perplexe,...
-
Chloé Bressan : claire errance
1. Au bord de ton corps, le ciel se défait. Cruciale, j'admets ta venue, enroulée de vents forts et de copeaux de bois. Ta venue fière est louable. Je n'entends plus les efforts des bras à rompre. Tu es venu et j'ai cru, pour poignarder mon silence, et...
-
Extrait, La quatrième Elégie, Rainer Maria Rilke
Ô arbres de la vie, à quand l'hiver ? Nous ne sommes point accordés, point avertis comme les oiseaux migrateurs. Dépassés, nous nous accrochons trop tard, tout à coup aux vents pour retomber sur un lac indifférent. Simultanément, nous avons conscience...
-
Poésie, Roberto Juarroz
Seul l'homme a poids sur la terre, une histoire de morts grandie entre les jambes. Lui ne le sait pas, mais tout le sait, car l'homme seulement a la bouche ouverte, le coeur perdu entre les dents et nue plus que Dieu la tête. Tout le poids est en ses...
-
Edith Södergran : poèmes
Aux quatre vents Aucun oiseau ne s'égare jusqu'à mon repaire, pas de noire hirondelle porteuse de nostalgie, pas de blanche mouette présage de tempête... A l'ombre des rochers, ma sauvagerie aux aguets est prête à fuir au moindre frisson, au moindre pas......
-
J'attends que les rêves deviennent des arbres à soie
Où sont mes rêves, Je les cherche encore, si tu savais. Dans la nudité d'un corps qui se veut amour Dans la pâleur d'une main qui tremble Le long D'une robe noire que déguise la déchirure. J'attends que les rêves deviennent des arbres à soie Où les fleurs...
-
Extrait, lettre de Marina Tsvetaeva.
Le 25 février 1931 Et quelques mois plus tard : MON DESTIN - en tant que poète - dans la Russie Prérévolutionnaire, est celui d'une indomptable, tandis qu'est en partie in-volontaire mon exclusion du cercle littéraire pour cause de mariage précoce avec...
-
Poème : Aksinia Mihaylova
Puisque je ne sais que faire de mes mains je serre un panier de figues contre ma poitrine pendant qu'il s'éloigne du jardin de la joie ayant boutonné le dernier rayon de soleil sur sa pomme d'Adam. Demain il va encore enfermer à clef dans le tiroir le...
-
Lettre d'Amedeo Modigliani à Oscar Ghiglia
De son propre aveu, Amedeo est donc en proie à une bataille intérieure, qu'il ne parvient mêmepas à exprimer par des mots, faute de vocabulaire, tant que la conception mentale de son oeuvre, dont il sent confusément qu'il ne l'atteindra qu'à travers l'étude...
-
Lydia Padellec : Mélancolie des embruns. Aquarelles de Catherine Sourdillon.
1. Je me suis assise sur un rocher face à la mer. Le soleil et une petite brise sur le visage. J'ai regardé la mer et j'ai commencé à dessiner des mots en pensées. Ils avaient la forme d'une île, chaque syllabe le grain de sable d'une plage encore déserte....
-
Malentendu émotionnel
Dehors. Rassembler les fleurs. Attendre la venue de l'hirondelle. Repousser les fausses lueurs. S'évertuer à désirer. Croire à et demander comment. Méconnaître la fatigue qui défigure le présent. Donner de l'âme au vivant en moi. Dedans. Être ce qui n'a...
-
Laura Kasischke : les radis
L'amour est un mur et la haine aussi. Par exemple un après-midi.La rivière était aussi blanche qu'une rivière de laitdans la lumière éblouissante de l'été. Les fusées au bord des champs de maïs pétaradaient. Et j'avais quatre ans, à moitié nue dans le...
-
Charles Juliet : Rencontres avec Bram Van Velde
25 Octobre 1964 Première rencontre de Bram Van Velde. J'arrive à six heures du soir chez Jacques Putman, un ami qui, je crois, l'a beaucoup entouré, et qui par des articles, des ouvrages et des expositions, s'emploie à faire connaître son oeuvre. Je ne...
-
Claude Albarède : Le dehors intime
1. Ne pas souillerni ajoutertrop de poids au silence Comme les pasdevant la neigene pas risquerla page blanche Aller au pointcontre le videoù l'horizons'ouvre en lumière Gagner le largedu plus secretnicher l'immenseau plus intime. Page 17 2. Quand tu...
-
Correspondance : Virginia Woolf et Vita Sackville-West
Long BarnMardi 8 Décembre (1925) Ma chère VirginiaJe viens de faire quelque chose de si bizarre, de si étrange, -- ou plus exactement quelque chose qui, bien que ni bizarre ni étrange en soi peut-être, m'a emplie de sensations étranges et bizarres, --...
-
Les pensées
-- Écouter puis s'asseoir sur le rebord du monde -- Entendre sa plainte où sommeille la douleur -- Je ne peux me résoudre à être ce sans-visage parmi tant d'autres. Où il n y aurait rien à écrire dessus, à espérer, à aimer -- Pouvoir dire : je pose mes...
-
Dahlia Ravikovitch : Même pour des milliers d'années
L'occident bleu Tentative Souviens-toi que tu as promis de venir chez moi pour la fête, une heure après la tombée de la nuit. J'ai laissé des dettes un peu partout, peut-être voudras-tu les solder ? Puisque tu viendras à l'obscurité on ne te surveillera...
-
Dahlia Ravikovitch : Tu te souviens bien sûr
Dahlia Ravikovitch Quand tout le monde part je reste seule avec les poèmes, les miens, ceux des autres. Je préfère les poèmes écrits par d'autres. Je reste en silence et ma gorge se desserre. Je reste. Parfois je veux que tout le monde s'en aille. Écrire...
-
Wislawa Szymborska : À mon coeur, un dimanche
Sois remercié, mon coeur, qui t'appliques si bien, es si prompt à la tâche, sans compliment, sans récompense, de par ton zèle inné. Soixante-dix mérites à la seconde. Chacune de tes contractions est comme la mise à l'eau d'un bateau qui, prenant la mer,...
-
Ingeborg Bachmann : Aliénation
Dans les arbres je ne peux plus voir des arbres. Les branches n'ont pas de feuilles pour les maintenir au vent. Les fruits sont sucrés mais dépourvus d'amour. Ils ne rassasient même pas. Que va-t-il advenir ? Devant mes yeux la forêt prend la fuite, à...
-
Christian Bobin : Marina,
Marina Tsvetaïeva je suis resté des années à ta porte, je n'osais pas entrer. Je croyais que tu n'aimais que toi, que tes feux de langage n'étaient que la dévoration d'un coeur par lui-même. Et puis j'ai compris que tu faisais ce travail de la pensée...
-
Carol Snow : Artiste et Modèle
Artiste et Modèle I LA MAISON D'EN FACE Je suis assise sur mon lit, quelque chose cloche, la maison d'en face remplit ma fenêtre de lattes et de marches et de rampes : l'éclat de la façade blanche à cette heure du jour -- cela bouge un peu quand je penche...
/image%2F0921142%2F20150123%2Fob_32bf4e_19-janvier-3.jpg)