Top articles
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TERCETS DU DIMANCHE
C'est un jour où même chez soi on se sent ailleurs. Page 33 En un rien de temps quelque chose se glisse dans les cœurs et ne veut plus partir. Page 36 La neige du jardin quand tout le monde sourit répare les bosses inconscientes. Page 44 Tout reste en...
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Christian Bobin : Mon pauvre bol,
Peinture de Martin Laquet ton cratère était blanc et cette blancheur sans éclat était l'uniforme de ton inexistence. Un bol aux cannelures framboise, venu d'une manufacture du nord de la France. Tu accueillais le thé noir du matin. Je te serrais entre...
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Jean-Baptiste Pedini : Trouver Refuge
Tous les jours, c'est pareil. La mélancolie nous précède d'un pas. Elle est le rayon de soleil qui traverse les volets. Le silence déjà chaud dans la gorge. Elle est cet arrière-goût latent. Elle est l'arrachement. Le bouquet paqueté de ronces. Le saccage...
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Poem for Emily
Photographie de Duane Michals Je ne sais pas pourquoi les choses arrivent tu ramasses les oeufs au jardin et puis la mort assomme De longues tiges s'enroulent autour du chagrin pour ne pas disparaître Nous regardons la neige tomber comme accrochés sauvagement...
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Raluca Maria Hanea
je vais bientôt me perdre et tu songeras plus loin sur le chemin de la plage les enfants ont compté la danse folle des balises jusqu'à la prochaine marée lui confiant l'enfance le dos tourné au vent les bulles restantes grésillent l'autel se fend au milieu...
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Vénus Khoury-Ghata
Ses rêves lui font croire qu'elle est éveillée un ange balaie sa cuisine un troupeau de buffles est lâché dans sa lampe Renversée la ville autour d'elle persuadés de frapper à une porte ses poings martèlent un sol fermé à clé Le rêve dit-elle est lieu...
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Lettre d'Auguste Rodin à Camille Claudel
Travaille. Tu as voulu sculpter. c'est long. C'est dur.Cela n'intéresse personne. Qui aurait besoin de tessculptures ?. On se moque bien de ce que tu fais oupas, et si tu arrêtais, cela ne les réjouirait même pas,ils resteraient indifférents.C'est à toi...
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Lydia Padellec : Cicatrice de l'Avant-jour
I Dans la nuit profonde du jour Dans les chambresfermées à cléla nuit cognecontre les meubles --Une petite filleen maillot de bain se rattrape de justesseau cadre de la photo --Tu as perdu le goût salédes caramels mousdepuis que le venta posé la mainsur...
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Alissa Thor : Les heures de battement
Remue-ménage Pour tenir La distance Je tire Souvent Le petit rideau De ma fenêtre Fronçant L'amour Sur la tringle Je recule Le monde D'un cran Et l'attache... C'est un os Que je me donne À ronger Page 9 Merveille Tu entres Dans mes bras Comme Le soleil...
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Chère Camille : Reine-Marie Paris
Comme j'aurais aimé vous connaître, vous rencontrer ! Ne serait-ce qu'une seule fois.Cela aurait très bien pu se faire lorsque votre frère Paul Claudel, mon grand-père, estallé vous voir en 1943 à Montdevergues, un mois avant votre disparition. J'avais...
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Rainer Maria Rilke : Notes sur la mélodie des choses
III Cela me vient en observant ceci : que nous en sommes encore à peindre les hommessur fond d'or, comme les tout premiers primitifs. Ils se tiennent devant de l'indéterminé.Parfois de l'or, parfois du gris. Dans la lumière parfois, et souvent avec, derrière...
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Gilles Plazy, Chloé Bressan : La poésie, la tarte aux pommes et le topinambour de saint Augustin (page 7 à 134)
Gilles, 14 Décembre, 14h32. C'est étrange, n'est-ce pas ? d'être ainsi préoccupé par sa langue quand la plupart causent sans seposer de question. Mais c'est un questionnement essentiel puisque c'est par elle que nous avons été d'abord conditionnés (formés,...
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Sophie Brassart : Combe
Je n'attends pas de nouveau pays Devant moi se dresseune montagne de feuilles sèches Elles s'enchevêtrent autour de mes veinesJe ressemble à l'exil Au milieu du silence Je ressemble au bois qui ruisselleIl contientla route vide Est-ce au-dessus du vide...
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Dahlia Ravikovitch : D'un abîme à l'autre
À Jérusalem j'ai eu mes jours de rose. Jérusalem est au fond un grand quartier où je suis entrée petite et revenue longtemps après comme un être différent. J'étais seule dans un lieu étranger les yeux levés vers les montagnes pour chercher de l'aide....
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Au bord : Sereine Berlottier
1. Ta voix Remplie pollen la gorge impossible à dire tout ce qui seraitComme on voudrait Ne reste que le tranchant de la craie sur le tableau noirOn écoute C'est peut-être le dos qui écouteLes épaules Par deux comme les oreillesLes pierres brillent La...
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Carolyn Carlson : Brins d'herbe
En proie à ta manie d'accumulerplonge cette page dans l'eaul'encre bave le papier se dissoutton regard se désemplitplus rien à chercherc'est alors que tout peut arriver Page 11 Se souvenirde soi-même comme d'une larmedans l'immobilité de l'air Page 13...
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Leonard Woolf : Ma vie avec Virginia
Lors de notre dernière visite chez le médecin célèbre de Harley Street pour laquelle nous avionspayé trois guinées, le grand docteur Saintsbury, serran tla main de Virginia, lui dit "Sérénité--sérénité -- soyez sereine, Mrs Woolf." C'était certainement...
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Marie Huot : Je suis la quémandeuse
Je ne m'endors pasAvant de refaire une foisLe chemin jusqu'à la porte close D'une question en l'air je suis la quémandeuse J'ai un amour froisséSur une feuille de papier finAux pliures les mots s'effacent Parfois je trouve une plumeJe sais quels mots...
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Valérie Canat de Chizy : l'écriture la vie
dans le soleil d'automneles feuilles sont jaunesune pomme roule à terreles vaches derrière les haiesont de longues cornesd'où vient ce sentimentde désespoirquand tout resplendit. Page 10 lorsque j'interrogeon me tend un miroirme disantque tout va bienassis...
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Marie Huot : Je suis la sommeilleuse
Et longues sont les nuits que je traverseCognant aux meubles aux rêvesD'une maison depuis longtemps fermée De la nuit attractive je suis la sommeilleuse Dans les rues de Budapest où j'ai marchéDes bateaux m'ont coupé la parole J'étais venue mettre mes...
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La légèreté est un rêve d'enfant : je l'ai plié dans un tiroir
La même fatigue du jour d'avantblessemon corps de femmeà la longue chemise blanched'ange déchu Je peux lui raconter les rêves étrangespeuplés d'animaux sauvagesLa forêt endormie et son ciel si sombrequ'il retombe sur mes genoux me fait mal Je peux me...
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Serge Prioul : Faute de preuves
Je suis longtemps allé sans me voirJe n'y étais pasEt je tentais de monterCes marches-là qu'il faut descendre Page 12 Tu lis peuTrop de fatigueQuelques poèmes auront été toutes tes étudesEt puis des pierresTu regardes les pierresComme d'autres hommesSous...
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Jean-Michel Maulpoix : L'hirondelle rouge
D'où me parle-t-elle à présent, de quelle terre peupléede fantômes ? Elle cause encore de temps en temps avecJésus. Elle ne sait mettre que son nom sur ce qu'il lui rested'attente et d'espoir : protéger les siens, ses enfants, c'estpour toujours un très...
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Mélanie Leblanc : Des Falaises
I jamais le coeur si grandqu'en haut d'une falaise la place pour qu'il s'étende ouvre son ciel plein soleilplein vent être à soi à l'autreau monde pleinement Page 16 tout devient petit quand on grandittout sauf le ciella meret la falaise Page 18 aux pieds...
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Même une petite chambre
J'ai fermé les yeuxOuvrant la bouche pour que ma langueTouche une autre langue dans une autre bouche Cela donneUn éclat à peine étiréTout de suite arrondi Puis un sursaut, un envolQue n'ont pas vu les yeux rouverts Dès qu'on s'en écarte le lit ne bouge...
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