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Sjón : oursins et moineaux
ars poetica il est possible que dans un poèmeoù la brume se lèveelle emporte la montagne Page 11 corpsni beauni terrifiant corpsni incroyable ni insignifiant corpsjuste immense d'une femme immensecomposé des corps de douze femmesjustes mortes chacune...
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Martin Laquet : jour après nuit
comment dire l'éclatinvisible le visage lessecondes comment direl'imprécis la fièvrel'ondoiement la véritécomment dire l'étonnementle feu perpétuel la luttele tourbillon l'embrasurel'air bleu le souffle inséparablecomment dire Page 43 j'inscris mes doutesau...
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Lydia Padellec : Les abeilles ne chantent pas la nuit
I Les abeilles ne chantent pas la nuit Des miettes de lumière tombent de la table il fait nuit et les étoiles se prennent pour des pages Tu cherches le poème à l'intérieur d'une muqueuse où grésillent des abeilles Lentement Tu suis des yeux la danse des...
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Adèle Nègre : rien. Ce que j'ai vu / se dérobe
: rien. Ce que j'ai vu se dérobe. M'échappent les figures pour se perdre dans la fugue de sommeil, défaites. Je cours après, débraillée, des lambeaux. Dans leur mansuétude, elles m'attendent au rocher plat du rêve moi essoufflée et trempée (mais c'est...
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Christophe Mahy : La flamme du seul
CHANDELLE ET SABLIER A la page des champsau-dehorsou contre le mur de la nuitj'en reviens toujoursà ces voix endormiesau fond de nouset que l'encre contient comme un feu sous la neige. Page 15 Nos pas immobilessont au milieu du noirune lueur vacanteet...
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Être ici est une splendeur : Vie de Paula M. Becker
Le journal de Paula s'interrompt. Restent les lettres. Quand elle écrit, c'est souvent que les circonstances l'empêchent de peindre, et elle parle de ça : du manque, et de la pulsion. Elle se moque un peu du coquet Vogeler qui geint de voir partir ses...
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Judith Chavanne : Entre le silence et l'arbre
EN PARTAGE Comme émeuvent aussi les lignes de la mainun dessin grêle et fragilela mémoire ou l'empreinte d'un filigraneet loin d'un tracé qui en saurait plus que nous sur notre destindes rides peut-être, précocesmais sans accompagnement de peur, comme...
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Plusieurs raisons de peindre des arbres : Yves Bonnefoy et Agnès Prévost
Et cette autre voie dans les arbres, nos pensées de la vie et de la mort. Cela aussi, c'est bien connu, nombre de peintres en auront été les témoins, il y a dans des frondaisons qui se détachent sur fond de ciel des trouées par lesquelles se jettent des...
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Albane Gellé : poème
Puisque les montagnessont à franchir, je reprendsmon souffle, sais-tu que dans ses étendues,le passé se transforme,grâce à nos gestes de peintres,toujours en compagnie de tout, et de ce quiéchappe. Page 65 Patricia Cartereau & Albane GelléPelotes, Averses,...
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Sylvia Plath : Miroir
Je suis d'argent et exact. Je n'ai pas de préjugés. Tout ce que je vois je l'avale immédiatement, Tel quel, jamais voilé par l'amour ou l'aversion. Je ne suis pas cruel, sincère seulement --- L'oeil d'un petit dieu, à quatre coins. Le plus souvent je...
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Nathalie Michel : Veille
J3 Autrefois une araignée m'a tenu compagnie tout un hiver. Il n'y avait qu'elle et moi dans la maison glaciale. Elle n'a pas bougé durant des mois.Je ne détruis plus les toiles qu'elles tissent dans l'angle des fenêtres, entre les herbes. Grandes pluies...
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Idea Vilariño : Ultime Anthologie
Adieu permanent Ces jours-làles autresceux des nuages les plus tristes et immobilesodeur des chèvrefeuillesquelque tonnerre au loin.Ces jours-làles autresceux de l'air souriant et des lointainsavec un oiseau rouge sur un fil.Ces jours-làles autrescet...
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Thierry Metz
Un visage, une amande : demeurer ce petit homme dans la rue qu'une ombre immobilise, une orange dans la main, un désert dans les yeux. Sans le savoir il n'est plus que ce qui doit être : le souci d'une mère et un oiseau. 1995 Si je devais lire ce que...
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Idea Vilariño : Rentrer
J'aimerais être chez moiparmi mes livresmon air mes murs mes fenêtresmes tapis rapésmes rideaux usésmanger à la petite table de bronzeécouter ma radiodormir entre mes draps.J'aimerais être endormie au coeur de la terrepas endormieêtre morte et sans motsne...
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THIERRY METZ : LETTRES À LA BIEN-AIMÉE
Ouvrir. fermer. Chaque soir. Une porte. Un mot. Puis raconter aux gosses des histoires de chiens, de corbeaux. Ou l'inverse. Il ne s'apercevront que d'une fatigue. On n'a qu'un peu de terre dans la voix. Pour s'y coucher. Avec eux. Page 14 Chambre de...
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Polaroid 22
Photographie. Margaret. M. De Lange Il n y a presque plus de soleil depuis quelques jours L'été s'est couché et moi avec Pourtant tant de choses restent à faire L'ordinaire me coupe un bras puis deux et je ne peux plus parler C'est comme si un vent violent...
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Paroles d'Artiste : Ceija Stojka
Un être humain c'est vraiment très résistant et quand il a comme ma mère [...] une volonté comme ça très forte, alors tu t'en fous complètement de ce que tu as dans le ventre. Ma mèrepar exemple était assise près d'un cadavre qui portait un pull over,...
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Ariel Spiegler : C'est pourquoi les jeunes filles t'aiment
J'ai mis ton chien dans mon poème. Il y a bavé très longtemps. Je pense à des dimanches blêmes d'hiver où il pleut doucement, au mois de mai qui veut qu'on aime et qu'on embrasse son amant. Le temps me fait peur à tourner. Je veux sortir de la semaine...
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Un oiseau noir,un nid, la solitude
Roberto Juarroz, c'est mon poète de coeur. Je me promène avec ses mots ils me touchent de par leur sensibilité et leur fluidité comme une caresse qui me brûle par tant de vérité à soi et au monde. Et quand l'absence revient me visiter, je tourne les pages...
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The poetry is dead, my love
Photographie de Katia Chausheva La poésie est morte Fais-moi l'amour Pose tes mains sur mes lèvres Empêche-moi de crier Que la poésie est morte Vole ce coeur noir qui fleurit Sois l'étranger L'Amant des derniers mots Sois La peau douce De mes seins L'abanbon...
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Dans le rouge
Photographie, "La double vie de Véronique", film de Krzysztof Kieslowski, 1991. Ma main s'est mise à trembler Dis-moi, Où se trouve l'amour Dans la lumière-fauve D'un soleil déclinant, Eveille ma présence au rêve. Des petites voix se sont tues Le murmure...
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Et le vent
Peinture de Zao Wou-Ki poignarde l'armure de la femme que je fus. Le 28 Mai 2016.
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Le désordre est une petite musique
Peinture d'Anselm Kiefer, 2007. Quand l'absurde vient à déchirer mon ventre Je l'exècre comme une terre à labourer Par laquelle mes os rencontrent la désolation. Le 1 Mars 2016.
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Soledad
Photographie de Katia Chausheva. Des nuits qui tombent comme des couperets Des matins où il faut se laver de tout sentiment d'impuissance Entre la nuit et le jour cette distance infiniment petite attachée à ne rien laisser paraître. Le 4 Janvier 2015...
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Tu
Amour / Morsure Ce n'était pas toi Quand Dans ma bouche Ton doigt Je mordais La faim du jour. Le 3 Mars 2016. Photographie, Francesca Woodman.
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