Christian Bobin, Mozart et la pluie
1. Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne ---- la vérité, la pluie sur le toit d'une voiture, les mots d'amour ou les pianos de Mozart. 2. Douceur, grâce, charme : ces mots pour dire la manière de Mozart...
Aksinia Mihaylova, poétesse
1 Sur le chemin de retour Non, je n'ai jamais vu un arbre triste mais je ne veux plus refléter le monde comme un miroir ébréché, découper les solitudes des après-midi de dimanche en suivant la lumière qui saute de jardin en jardin, raccommoder les bouts...
Les voix sont des fantômes
Des murmures, des parfums Des pierres, des espaces lumineux et brisés. Les voix sont des fantômes qui cherchent l'éternité Elles savent la douleur d'être. Ne sais-tu pas que derrière le mutisme se rencontrent la voix parlée et la voix tue. Le 4 Mars...
L'une et l'autre : Gwenaëlle Aubry et Sylvia Plath
Sylvia Plath, poétesse. 1. Voici ce que, peut-être, elle sait : qu'écrire, c'est refuser la langue de l'Empire, s'inventer, avec une autre langue, une autre souveraineté; qu'écrire, c'est "devenir bizarre -bizarre et isolée, mais cependant capable, tout...
Mythe
Du temps à aimer, Du temps à perdre à aimer, Si ce n'est une illusion une fausseté magnifiée Il reste de la beauté Dans le clair-obscur Qui fait de moi Une étrangère. J'attends la promesse Qui dévoilera son visage. le 18 Janvier 2015.
Soledad
Photographie de Katia Chausheva. Des nuits qui tombent comme des couperets Des matins où il faut se laver de tout sentiment d'impuissance Entre la nuit et le jour cette distance infiniment petite attachée à ne rien laisser paraître. Le 4 Janvier 2015...
Langage
Chaque jour est suspendu du même souffle Le feu et la grâce Le froid aussi Ta bouche mille fois imaginée Ta bouche mille fois mordue La langue sur la peau La nervure des veines L'ombre des mots Prolonge l'attente je suis celle qui désire De ce qui fait...
Alena Meas, poétesse.
1 Il faut la suivre au fond de la durée Sans retourner le visage, Sans prendre congé, Mais toujours s'éloignant des autres, On peut arriver auprès d'elle. Il faut se déshabituer, Ne plus chasser l'insomnie Ni mépriser l'aube. Et au bord de la falaise...
Camille
"La Danaïde", Auguste Rodin, 1889. Tu m'aimes, mon bel amant Ma fragile écorce qui t'implore Mon coeur orageux qui te dévore Ma joie de t'aimer encore. A la soie blanche Je me suis endormie A tes caresses savantes Je me suis abandonnée Voluptueuse Promesse...
Fracture : ce peu
Photographie de Katia Chausheva. 1. Il y'avait ce presque rien qui m'avait donné un peu d'espoir Le vent jouait à l'équilibriste Les branches se tordaient les unes après les autres Je ne les touchais pas. 2. Dans la transparence m'est apparue une fracture...
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